MALAMINE, UN AFRICAIN À PARIS

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Auteur : Simon mbumbo

Dessinateur : Simon mbumbo

Les auteurs Christophe Edimo et Simon MBUMBO ont voulu, par cette bande dessinée, montrer, à travers la trajectoire d’un personnage principal appelé MALAMINE, la vie d’Africains en région parisienne.
Il ne s’agit pas de faire de l’ethnographie, mais de réfléchir sur le fait qu’il existe sans doute un danger, pour ces Africains, à s’enfermer dans un ghetto racial ou intellectuel.
Il leur appartient, mais il appartient aussi au pays d’accueil, d’y remédier, afin d’éviter de voir naître des extrémismes .
Plusieurs types d’immigrés africains se côtoyent dans cette bande dessinée. Ils se différencient par leurs origines et leurs ambitions.

1) Les immigrés économiques
Ce sont les plus modestes, ils ont quitté des pays victimes de la sécheresse ou d’une crise économique aggravée, ils sont conscients qu’ils sacrifient leur jeunesse au bénéfice des leurs, restés au pays.
Ils ont peu d’échanges avec les habitants du pays d’accueil : leur vie se partage entre les horaires de travail et le foyer, souvent SONACOTRA, où ils résident.
Cependant certains d’entre eux s’arrangent pour faire venir en France une épouse et quelques enfants, dans le cadre des procédures de regroupement familial, avec comme intention que ces enfants suivent le même chemin qu’eux, ce qui est rarement le cas.
2) Les « cerveaux »
La situation est plus contrastée pour les jeunes africains appelés « les cerveaux », qui sont venus étudier en France.
Soit ces jeunes sont les enfants des dirigeants politiques ou économiques de ces pays : à la fin de leurs études ils peuvent choisir de rentrer en Afrique, où ils occuperont des postes à responsabilité, ou alors ils ont suffisamment d’argent et d’appuis diplomatiques pour pouvoir rester en France.
Soit ces jeunes représentent l’élite intellectuelle réelle de leurs pays (ceux qui ont eu les meilleurs résultats scolaires, et ont eu accès aux bourses d’études nationales ou internationales).
Nous avons là deux sous – situations :
il se peut qu’à l’issue de leurs études, leurs pays aient vraiment besoin d’eux en tant que techniciens supérieurs, et ces jeunes feront carrière en Afrique ;
il se peut aussi qu’ils soient, dans leurs pays, victimes de racisme ethnique et contraints de rester en France : en général, comme il s’agit d’éléments brillants, ils pourront s’insérer sans trop de difficulté dans le tissu économique français ;
il se peut aussi, et c’est le cas de MALAMINE, qu’ils soient chez eux victimes de racisme ethnique, et qu’ils ne soient pas assez brillants pour s’insérer facilement dans le milieu du travail français déjà saturé.

En fin de compte, MALAMINE est le représentant de ceux, nombreux, qui cumulent ces trois handicaps : être de la « mauvaise » ethnie, ne pas avoir de parents riches en Afrique, et ne pas avoir de diplôme suffisamment valorisé sur le marché de l’emploi français.
Il est contraint de rester en France, et dans une situation subalterne à laquelle il n’était pas préparé.
Dans cette situation, le héros réagit par de la frustration qui finit par le pousser au racisme anti – français, et à développer des théories qui l’amèneraient facilement à rejoindre une extrême droite noire.
Heureusement pour lui, (quoi que malgré lui) MALAMINE ne deviendra pas raciste et sortira progressivement de son aigreur.

Cette série est en publication partielle. Les 20 premières pages de l’album sont publiés sous forme de 4 épisode en 5 pages chacune. Cette démarche est en accord avec l’éditeur
« les enfants rouges » partenaire de Toom-comics
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